Domotique : utile ou futile ?

Nouvelles technologies

Confort, sécurité, économies d’énergie… Les arguments de la domotique sont nombreux. Si le côté ludique de la chose semble toutefois occuper une bonne place dans le choix de ces équipements et installations, des applications plus « sérieuses » existent bel et bien.

-Florian mons

La mère Denis était loin d’imaginer ça. Sur le marché des objets connectés, on trouve aujourd’hui des laves-linges bardés de capteurs et pilotables à distance grâce à des applications pour smartphone. On peut ainsi procéder au choix des programmes avec assistance vocale, selon le degré de salissure, les couleurs, ou le textile, au diagnostic technique de la machine, etc… La plupart des appareils électroménagers sont donc devenus « intelligents », de l’aspirateur au trajet programmable et qui retrouve tout seul le chemin de la prise de recharge, à la cafetière à qui l’on peut commander son expresso en lui envoyant un sms, en passant par le miroir de salle de bains à la reconnaissance faciale qui vous rappelle votre programme de la journée…

Un peu d’économie

Mais au-delà de l’aspect parfois un peu gadget de ces appareils ou du confort apporté par la commande à distance, permises par les connexions et l’installation en réseau, certaines fonctions plus utiles attirent les consommateurs. La consommation électrique de l’éclairage, du chauffage ou du fonctionnement de divers appareils peut en effet être surveillée et gérée, par programmation ou automatismes pour permettre des économies d’énergie mais aussi pour éviter les disjonctions éventuelles. En ce qui concerne le chauffage, cette économie pourrait, selon certains professionnels, représenter de 15 % à un tiers de la facture et jusqu’à 10 % pour la consommation globale. Les mêmes professionnels précisent cependant que cet équipement domotique ne doit être considéré que comme un complément à d’autres mesures d’économie d’énergie telles que l’isolation. La consommation de l’eau et sa température peuvent également être surveillées de près grâce à des applications qui proposent le recueil de données statistiques ainsi qu’une interface visuelle sur un ordinateur, pour un suivi de la consommation au jour le jour.

Sécurité et tranquillité

Côté sécurité, la domotique offre de multiples solutions quant à la surveillance vidéo et à l’accès à distance d’un dispositif de caméras et des détecteurs de mouvement et d’ouverture de portes et fenêtres peuvent également alerter le propriétaire d’une intrusion en son absence. Ce dernier peut également programmer le déclenchement de l’éclairage ou de divers appareils électriques pour simuler une présence pendant les vacances et dissuader ainsi les cambrioleurs. Sans compter les systèmes d’identification divers tels que les contrôles d’accès biométriques, pour les plus pointilleux… Par ailleurs, un éventuel sinistre, tel qu’un début d’incendie ou une inondation, peut également déclencher une alerte à distance, comme peut être détecté également un taux anormal de monoxyde de carbone.

Autant de fonctions particulièrement intéressantes pour les personnes vulnérables, en situation de handicap ou âgées, qui peuvent ainsi faciliter leur maintien à domicile. Le contrôle à distance permet en effet un gain d’autonomie en limitant les gestes et les déplacements. En outre, le contact quasi permanent possible avec les proches ou les services de santé est un gage de tranquillité. Ce maintien à domicile des personnes âgées, ainsi que la prévention des accidents, étaient d’ailleurs les raisons d’investir dans la domotique les plus évoquées, dans une enquête Promotelec/Credoc de 2014, alors que les économies d’énergie arrivaient en cinquième position de ces motivations. Des préférences qui varient toutefois selon les enquêtes.

Quoi qu’il en soit, bien que segmenté, le marché de la domotique est en peine évolution et certains observateurs évoquent même un « marché de masse » dans un futur très proche, que se partageraient des fabricants tels que Legrand, Delta Dore, ou Schneider Electric mais aussi une multitude de start-ups qui développent des applications de gestion des équipements. Les fournisseurs d’accès Internet et opérateurs ne sont pas en reste et proposent, comme Sfr par exemple, des « box domotiques ». Mais les plus audacieux pourront toujours s’orienter vers des solutions open source et bricoler eux-mêmes, comme beaucoup le font déjà avec Raspberry, leur propre installation, réellement adaptée à leurs besoins, en triant futile et utile.